Delphine II, De l’audace en l’air, Artiste dans l’âme

« Avoir des jumelles à 44 ans n’a pas été trop difficile car j’ai toujours fait du sport…

J’ai ressenti beaucoup de joie et de fierté d’avoir été choisi par ces deux princesses. L’impression de rentrer dans un club très fermé, on nous appelle au Niger Tawey Gna et on nous confère des pouvoirs puissants car on dit qu’on ne donne pas jumeaux ou jumelles à n’importe qui… »

Direction le Niger pour ce mois de novembre. Delphine II nous reçoit. Professeure documentaliste au lycée français de Niamey depuis 3 ans, son but avoué? Pousser les élèves à faire de la lecture un de leur compagnon les plus fidèles. Les accompagner dans les projets d’écriture, théâtre. Tout ce qui leur permet de révéler leur génie créateur. A côté de ce métier d’enseignement qu’elle adore, elle est depuis juin 2022 correspondante Niger pour Couleurs Tropicales. Delphine travaille avec un artiste rappeur dénommé Elsa, il l’aide à développer sa carrière.

Elle a tourné dans un long métrage intitulé Cœur Dompté réalisé par un nigérien et un nigérian. La sortie de cette œuvre est prévue pour ce mois de novembre 2022. Delphine compte enfin lancer sa chaine YouTube Moyo avant la fin de l’année 2022. Journaliste animatrice, Delphine a vécu dans plusieurs pays d’Afrique. Pour connaitre un peu plus son histoire, nous vous proposons de lire cette interview pilotée par Maimouna Sow, notre rédactrice en cheffe.

Etincelante : Bonjour Delphine, vous êtes assez célèbre en République de Guinée, vous avez vécu combien de temps dans ce pays d’Afrique de l’ouest, racontez-nous votre histoire professionnelle en Guinée.

Delphine : Bonjour à tous. Je suis arrivée en Guinée pour y vivre en janvier 2011 et j’en suis partie en janvier 2019 soit 8 ans exactement.

Ayant travaillé à Tropiques FM de Claudy Siar, il m’avait parlé de ce jeune guinéen dénommé Lamine déterminé à construire un empire médiatique chez lui en Guinée. Un autre ami journaliste m’a donné ses coordonnées. Lamine Guirassy a été la 2ème personne que j’ai appelée car la 1ère ne m’inspirait pas confiance. Lamine m’a donné rendez-vous dès le lendemain à Radio Espace à Matoto. Un entretien très jovial s’en est suivi et j’ai commencé à travailler à Espace dès le lendemain. Cela a duré plus de 7 ans.

Etincelante : En Guinée vous allez faire plusieurs entreprises, quelle richesse tirez-vous de tous ces travaux ?

Delphine : Cela m’a permis de sonder plusieurs secteurs d’activités : le journalisme, l’événementiel, le BTP (bâtiment et travaux publics. Ndlr), FLE (Français Langue Étrangère. Ndlr)…Ce que j’en retire c’est d’avoir découvert chaque jour de nouvelles choses et de ne pas m’être ennuyée une seconde.

Etincelante : Vous avez visité combien de pays en Afrique et quel est le pays que vous aimez particulièrement, pourquoi ?

Delphine : Je suis allée au Burkina, au Sénégal, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Mali, Guinée et Niger. Chaque pays a ses inconvénients et ses qualités et je ne peux choisir un pays de cœur en Afrique. Le pays de mon cœur est celui où je décide de vivre avec ma famille, transformant par ce choix les inconvénients en aléas auxquels chacun doit faire face peu importe où il vit. Pour le moment mon cœur est donc au Niger, à Niamey plus précisément.

Etincelante : Vous êtes animatrice, comédienne, actrice, chanteuse slameuse, professeure ? Comment avez-vous embrassé tous ces métiers ? Qu’est-ce-que les uns et les autres ont apporté à votre vie.

Delphine : Toutes ces dénominations sont autant de facettes de ma personnalité et de mon parcours atypique car unique. Je me destinais à l’enseignement pendant mes études mais je ne pouvais pas enseigner en France car les enseignants n’y sont pas respectés d’après moi. En Afrique, enseigner dans un lycée français est un luxe car les élèves sont vraiment cool (calmes et détendus. Ndlr) car bien éduqués.

Le théâtre a permis à la timide maladive que j’étais de se révéler à elle-même d’abord. Le Slam de me rendre plus forte, comme le stand-up (genre de spectacle au cours duquel un humoriste s’adresse au public directement, sans accessoires ni personnages. Ndlr), ces arts sont majoritairement masculins et y exister et y être respectée en tant que femme relève du chemin de croix. Je ne suis pas chanteuse, en revanche ! Je chante juste pour mes enfants !

Etincelante : Les locks sont importants dans votre vie. Pourquoi ? Pourtant, vous avez même chanté sur comment prendre soin de ses locks. Comment l’idée vous est d’ailleurs venue, paroles ? Le clip a été tourné en quelle année ?

Delphine :Mes cheveux sont importants, ce que j’arbore fièrement me représente. Je n’ai pas chanté dans ce morceau, je slame quand Tiwony, chanteur afro-antillais moitié camerounais et gwadéloupéen comme moi, chante. L’idée est venue dans un salon parisien où Takana (artiste reggae guinéen. Ndlr) et Tiwony ont leurs habitudes. C’est au salon « Capilocks Center » où je travaillais un temps et où j’ai pu tout apprendre sur les cheveux naturels en général et sur les locks en particulier. Il n’y pas eu de clip, c’était des morceaux pour illustrer les 15 ans d’existence du salon lors d’une grosse soirée en 2011 à Paris à la Bellevilloise dans le XXème arrondissement.

Etincelante : Vous êtes actuellement professeure documentaliste au lycée français de Niamey, présentez-nous votre matière et parlez-nous de votre vie à Niamey.

Delphine :Gérer le CDI (centre de documentation et d’information. Ndlr) du lycée La Fontaine est une des plus belles opportunités professionnelles de ma carrière car il s’agit de gérer le fonds documentaire de l’établissement.

De plus, j’ai comme mission de développer les soft skills (compétences générales. Ndlr) avec mes élèves afin de travailler sur les qualités telles que l’empathie, l’écoute. Qualités indispensables pour travailler en équipe en entreprise mais non enseignées car l’enseignement en France par exemple est articulé autour des hard skills (compétences techniques. Ndlr). Soft skills sans hard skills ça ne fonctionne pas dans le monde de l’entreprise, le but c’est de préparer justement les enfants au monde du travail. De plus, j’ai en charge plusieurs projets culturels autour de la lecture à voix haute ainsi que le théâtre et de concours d’éloquence dans lesquels nos élèves excellent !

Etincelante : Delphine que répondez-vous aux personnes qui pensent que le Niger est un pays désertique sous-développé, où règne l’insécurité ?

Delphine :Je réponds qu’un pays semi désertique dont on identifie les quartiers grâce aux différents châteaux d’eau potable est un pays plus développé que la France par exemple. Vous savez que je suis d’origine caribéenne, je vous informe qu’il y a pénurie d’eau en Guadeloupe, territoire français et si eau il y a, tu ne peux certainement pas la boire.

Les besoins de base sont là et les nigériens sont protégés de la fièvre typhoïde notamment. Il fait très chaud certes mais l’eau potable est là pour répondre aux besoins primaires et pas de ‘’tourou tourou’’ (tourou tourou est un mot peul qui signifie tour par tour. Ndlr), les coupures d’eau sont rarissimes.

L’électricité également est bien distribuée, les besoins de base étant là, je regarde la sous-région pour comprendre en quoi les autres pays sont plus avancés quand personne ne peut répondre favorablement à ces besoins de base.

Le sous-développement est relatif, les ratios pris en compte pour déterminer si sous-développement il y a ont été conçus par les pays occidentaux et ne tiennent pas compte de l’incroyable effervescence de l’informel. L’insécurité est plus problématique car on ne peut sortir de Niamey mais quand on peut sortir du pays une à deux fois par an, c’est largement supportable.

Etincelante : Revenons au slam, au micro et à l’art. Parlez-nous de vos œuvres dans ces domaines et de loin comment vous percevez l’évolution du slam en Guinée. Vous avez notamment côtoyé le club J-Art-Icule et le duo DimediSlam à leur début. Avez-vous un message pour eux, la génération de jeunes filles et jeunes garçons adeptes de Slam en Afrique.

Delphine :J’ai commencé à slamer en 2001, à l’ère où personne ne savait ce que c’était. Nous étions une petite bande de fondus de poésie urbaine qui se retrouvait plusieurs fois par semaine pour se dire les nouveaux textes écrits avec frénésie.

D’art confidentiel, le slam s’est popularisé avec la médiatisation de Grand Corps Malade (Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade est un slameur, poète, auteur-compositeur-interprète et réalisateur français. Ndlr) qui a éteint toutes les autres voix du Slam à l’époque.

Je slamais juste pour partager mes textes puis j’ai voulu me confronter aux autres dans les premières battles organisées. J’en ai remporté plusieurs, la plus notable étant celle face à GCM (Grand Corps Malade. Ndlr) en finale au Trabendo (salle de spectacle et de concert. Ndlr) à Paris en 2004. On m’a ensuite proposé de devenir MC (maitresse de cérémonie. Ndlr) de ces soirées dénommées Bouchazoreill’ (événement majeur de la scène slam parisienne. Ndlr) avec lesquelles nous avons tourné partout en France et en en Europe lors de festivals.

Je suis de près grâce aux réseaux les actions de J-Art-Icule (un club guinéen qui fait entre autres la promotion du slam. Ndlr). J’apprécie la rigueur qui permet à ce collectif d’organiser des rencontres internationales afin de faire de la Guinée une nation de Slam. Après avoir fondé le premier collectif de slameurs de Guinée en 2008, je suis très satisfaite de constater que le flambeau Slam continuera longtemps de briller.

Quant à DimediSlam (DimediSlam est un groupe de slam fondé en 2019 par Elhadj Oumar Baldé alias EOB et Mohamed DM Dieng. A ce jour, EOB est champion de Guinée de la première édition de la coupe nationale de slam en 2018, champion d’Afrique de slam et poésie en 2021 à Addis-Abeba, premier avec le vote du public et vice-champion du monde de slam 2022 à Bruxelles. Ndlr), c’était évident tout ce qui arrive à ces deux jeunes hommes. Je les ai connus enfants mais déjà pétris de talents, déjà armés chacun d’un flow (style. Ndlr) identifiable et caractéristique. Nous avons en Afrique de beaux ambassadeurs du Slam et il s’avère qu’ils sont de la Guinée et c’est une fierté pour moi de les voir évoluer.

Etincelante : Les Antilles, l’Afrique et la France représentent quoi pour vous en termes d’affection et d’histoire ?

Delphine : C’est moi tout simplement. Mes parents se sont rencontrés à Paris. Mon père venu sur le porte avion Foch depuis le Cameroun et ma mère venue en bateau de sa Guadeloupe natale. Je suis née à Paris et j’ai grandi dans sa banlieue. Les Antilles sont mon poumon droit et l’Afrique mon poumon gauche.

Etincelante : Nadège Ny Delphine Nyobé. Votre nom regorge assez d’histoire sans doute, que représente-t-il à vos yeux ?

Delphine : Mon nom représente tellement de fierté. Nyobé est le nom de l’homme à qui l’on doit l’indépendance du Cameroun à savoir Ruben Um Nyobé, un Bassa’a comme mon père. Une ethnie qui se caractérise par son courage ! De plus, je loue le très Haut d’avoir un nom africain car aux Antilles comme aux Etats-Unis, les noirs n’ont pas la chance d’avoir cette connexion avec ses racines ancestrales et ils doivent recourir souvent aux tests ADN pour savoir d’où ils viennent.

Etincelante : Cette reponse nous renvoie à vos enfants. Le choix des noms compte pour tout parent certes mais sans doute beaucoup pour vous. Il ne s’agit pas que de trouver un homonyme, vous êtes guidée par quoi Delphine quand il s’agit de trouver un nom spécial pour vos enfants à la naissance.

Delphine :Mikhia, ma première fille signifie humanisme en soussou. Ruben Samory mon fils, comme Ruben Um Nyobé, prénom certes d’origine hébraïque pour le premier mais voici deux modèles Ruben Um Nyobé et Almamy Samory Touré qui sont pourchassés par l’armée française et tués par elle. Quant aux jumelles Imani et Malaïka, ce sont des prénoms en swahili, l’une des langues africaines les plus parlées sur le continent. Le but c’est de voir briller à travers leurs prénoms respectifs, l’excellence africaine qu’elle soit esthétique, politique voire militaire.

Etincelante : Vous êtes épouse et mère de quatre enfants. Vos enfants occupent quelle place chez vous, de la Guinée au Niger en passant par la France. Vous avez toujours vécu avec eux. Quelle éducation vous leur inculquez (fille comme garçon) ?

Delphine :Je tends à faire de mes enfants des adultes en équilibre plus qu’équilibrés. Je veux dire que la souplesse est fondamentale en éducation. Je m’adapte à mon environnement et j’éduque mes enfants dans ce sens. Etre toujours respectueux pour mériter le respect des autres, se battre quotidiennement pour être la meilleure version de soi-même et prendre chaque voyage aussi anodin soit-il comme une aventure !

Etincelante : Justement Delphine, vous avez toujours eu une vie professionnelle active, quel est votre secret ? Beaucoup de femmes mettent entre parenthèse la vie professionnelle une fois qu’un bébé arrive, souvent par manque d’aide maternelle donc involontairement parce que oui certaines nous lâchent au moment où nous avons le plus besoin d’elles, au final trop de permissions au travail n’aident pas non plus. Comment faire idéalement pour s’organiser et réussir sa vie de famille et de travail.

Delphine :Je pense sincèrement que c’est compliqué mais pas impossible. Je suis polygame. Mon premier mari c’est mon travail, mon second est à la maison. Et Dieu veille. Niamey est bien plus compliquée que Conakry en termes de personnel de maison car des nounous arrivent sur Niamey sans compétence aucune mais avec des velléités salariales indécentes. Aujourd’hui même l’une d’elles a fui, sans prévenir la deuxième nounou… On tient. Les jumelles rentrent à l’école maternelle en septembre, je compte les jours. Et puis, c’est le plan de Dieu. J’arrive à m’en sortir ici grâce à l’aide de ma famille qui m’est d’un grand soutien. On dit qu’il faut tout un village pour éduquer un enfant, j’ai une grande famille au Niger.

Etincelante : Quel est votre cursus scolaire, et que pensez-vous de l’importance du diplôme dans la vie des jeunes actuellement. Est-ce-que ce document garantie véritablement un travail. Avez-vous un message dans la vie de tous les jours pour les personnes (hommes et femmes) qui nous lisent ?

Delphine :J’ai une maîtrise de Sciences du Langage obtenu à La Sorbonne. J’ai toujours travaillé car travailler dans un domaine que j’aime me plaît. Je dis souvent à mes élèves de choisir un métier qui les passionne pour se lever avec une folle énergie le matin et le sentiment de se sentir utile !

Etincelante : Tout le monde devrait voyager pour mieux découvrir le monde non ?

Delphine :Je suis d’accord mille fois. Les voyages permettent de quitter sa zone de confort et d’éprouver notre capacité d’adaptation.

Etincelante : Quels sont vos projets à Niamey et quel est le prochain pays à visiter sur la liste de Delphine ?

Delphine :A Niamey, j’ai une multitude de projets culturels toujours, déjà le Niger est le premier pays d’Afrique subsaharienne à développer le Goncourt (le prix Goncourt est un prix littéraire français qui récompense des auteurs d’expression française. Selon l’Académie, déjà organisé dans 27 pays à travers le monde, le « Choix Goncourt » sera décerné pour la première fois en mars 2023 à Niamey lors de la semaine de la Francophonie. Le Niger sera le premier pays d’Afrique sub-saharienne à rejoindre le dispositif des Choix Goncourt Internationaux. Ndlr). C’est une belle aventure littéraire qui démarre pour mes élèves et moi. A titre personnel, je continue d’écrire car l’envie de scène est toujours omniprésente. La Tanzanie fait partie de mes pays de rêve avec une obsession pour Zanzibar ! Ensuite quasiment ex-æquo le Bénin avec Ouidah et la statue de l’amazone du Dahomey à voir absolument.

Etincelante : Partir en occident c’est le rêve de plusieurs jeunes en ce moment. Vous, vous avez quitté la France pour vous installer en Afrique. Avez-vous un message pour ceux qui veulent quitter coûte que coûte le continent et souvent par la mer ?

Delphine :Je dirais qu’aujourd’hui avec les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ndlr), il vaut mieux se former sur le continent quitte à quitter son pays, il y a d’excellentes universités au Maghreb et en Afrique du Sud notamment. Puis, il n’y a pas que les cadres, l’artisanat de qualité tend à être reconnu, donc plus d’apprentis dans les centres de formation dignes de ce nom. Tout est à faire et à construire en Afrique subsaharienne alors que tout devient de plus en plus compliqué en Occident. S’informer c’est être vraiment libre.

Etincelante : La maternité est un élément important chez la femme. Vous avez notamment accueilli vos jumelles après la quarantaine, qu’avez-vous ressenti ? Un témoignage pour les femmes qui ont le même âge et qui attendent à leur tour des bébés ?

Delphine :J’ai ressenti beaucoup de joie et de fierté d’avoir été choisi par ces deux princesses. L’impression de rentrer dans un club très fermé, on nous appelle au Niger Tawey Gna (Tawey Gna signifie en zarma la maladie des jumeaux. Ndlr) et on nous confère des pouvoirs puissants car on dit qu’on ne donne pas jumeaux ou jumelles à n’importe qui. Ce n’est pas génétique car pas de jumeaux de mon côté mais le plan du Très Haut et pour ce bonheur au carré, je le loue chaque jour.

Avoir des jumelles à 44 ans n’a pas été trop difficile car j’ai toujours fait du sport, ce qui a été compliqué c’est la césarienne à laquelle je n’étais pas préparé et d’accoucher en pleine période Covid en France. L’isolement de la chambre était spécial mais j’avais mes bébés et le personnel de Robert Debré (médecin. Ndlr) qui a été exceptionnel.

Etincelante : Quand je dis femme africaine, quels sont les mots auxquels vous pensez ? Quels sont ses atouts et faiblesses ?

Delphine :Je pense courage, beauté et force. Ce ne sont que des atouts mais qui se transforment en faiblesse quand le courage n’est pas partagé dans le couple alors la beauté se fane prématurément et la force s’affaiblit.

Etincelante : Ayant travaillé pour Lamine Guirassy (fondateur du groupe Hadafo médias), et Mamadou Antonio Souaré (homme d’affaire, propriétaire de Cis médias) en République de Guinée, que retenez-vous de ces hommes ?

Delphine :Lamine Guirassy est plus qu’un ami c’est mon frère. On a eu nos hauts et nos bas, car travailler pour Hadafo reste ma plus belle expérience professionnelle en Afrique mais aussi la plus exigeante. Faire de la magie avec très peu relevait du challenge permanent ! Il m’a appris à accepter les autres comme ils sont, j’avais vraiment du mal !

Je n’ai jamais travaillé avec un forcené du boulot comme lui, il force le respect. Comme je le disais nous n’avons pas toujours été d’accord car en tant que son assistante je n’approuvais pas toutes ses décisions mais ainsi va la vie l’homme a son plan et son ange Hadja Fofana (grand-mère de Lamine. Ndlr) veille à son bon déploiement. Je n’ai fait qu’accompagner cette réussite fulgurante du mieux que je pouvais.

Au final, je ne retiens que le positif et lui souhaite le meilleur.

Quand on connait le monde des médias en Afrique et qu’on a travaillé avec un Lamine Guirassy, le changement est déstabilisant car Mr Antonio Souaré gère plein d’autres choses avec plein de monde. A CIS Média le canal de décision est pléthorique et lent. La presse ce n’est pas son métier, ce qui fait que très rapidement l’expérience a tourné court car je ne le connais pas et lui non plus. J’ai plus échangé avec Soufiane Souaré qui a toujours été correct même si lui aussi n’est pas de ce milieu.

Etincelante : Delphine, vous travaillez également avec Radio France Internationale, vous êtes dans l’équipe de l’émission couleurs tropicales de Claudy Siar, présentez-nous votre rubrique.

Delphine :Je suis correspondante Niger depuis le mois de mai 2022. Il s’agit de présenter un morceau issu de la musique nigérienne et un événement qui se tient à Niamey.

Etincelante: Vous avez commencé à travailler au sein de l’émission de M.Maïga en quelle année, que présentez-vous au sein de Stars Parade, émission musicale consacrée aux artistes africains qui passe sur TV5MONDE.?

Delphine : J’ai commencé à collaborer avec El Maestro Boncana Maiga (Boncana Issa Maïga est un musicien malien. Ndlr) en 2016 lorsque je suis revenue à Espace. Six (6) ans de collaboration aujourd’hui. Une institution à lui seul. J’aime cet homme car son talent est incommensurable. Collaborer ponctuellement à la présentation de ses émissions est un honneur à chaque fois renouvelé. Je coanime Stars Parade avec Boncana, je présente un clip et son artiste quand je suis à Bamako et en studio. Actuellement, la nouvelle collaboration désormais c’est lorsqu’il y a au Niger des commandes je me charge de toutes les émissions de Stars Parade délocalisées, le but c’est de continuer cette collaboration dans la sous-région. Merci El Maestro aka Boncana Maiga.  

Etincelante : Etes –vous fière de la femme que vous-êtes devenue ? Pas de regrets Delphine II ?

Delphine :Je suis très fière de moi. Je me big up (big up signifie marque de respect ou d’admiration. Ndlr) car si je ne m’aime pas, personne ne pourra le faire à ma place. Aucun regret non plus car je vis dans cette optique, ne pas regretter un compliment non fait, une petite attention pour mon entourage, un appel, j’essaie de donner aux autres tout l’amour que je ressens en moi.

Etincelante : Quelles sont les personnes qui vous ont tendu la main à un moment difficile de votre vie. Avez-vous des mots pour eux ?

Delphine : Tout d’abord mes deux parents qui de par leur union me permettent de contempler le monde des deux côtés de l’atlantique. Merci, votre fruit est revenu sur la Terre Mère pour y avoir ses petits et les y élever. Bien entendu, je n’oublierais jamais ce que Lilian Thuram (Lilian Thuram, est un footballeur international, et un auteur français. Ndlr) a fait pour moi dès 2006, Lamine Guirassy qui m’a donné les clés de quasiment toutes les régions de la Guinée ainsi qu’une amitié fraternelle imputrescible. I got nothing but love for you Guys (je n’ai que de l’amour pour vous les gars).

Etincelante : Justement quels sont les obstacles auxquels vous vous confrontez ?

Delphine :Il n’y a pas d’obstacles au sens propre mais la vie à vivre dans tous ses états. Avec une bonne dose d’optimisme et de créativité, on avance plus ou moins sereinement.

Etincelante : Merci Delphine II, nous vous souhaitons beaucoup de bonheur auprès de votre famille. Merci pour le partage. Votre histoire mérite d’être lue. Bravo et bonne continuation.

Delphine : Merci beaucoup ma chère Maimouna, un mot pour toi également que j’apprécie depuis 2011 tant tu es professionnelle et toujours avec une belle énergie communicatrice. Te voir te réaliser en tant que mère qui travaille m’enchante ! Belle suite à toi. Gros bisous à tous les lecteurs d’Etincelante !

L’équipe de la rédaction

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