L’endométriose, une maladie silencieuse et destructrice

L’endométriose, une maladie silencieuse et destructrice

Associée à des douleurs aiguës, perturbantes au moment des règles, pendant les rapports sexuels, l’endométriose est une maladie gynécologique chronique de la femme en âge de procréer qui se caractérise par le développement d’une muqueuse utérine endomètre en dehors de l’utérus colonisant d’autres organes avoisinants.

L’endométriose est-elle une maladie grave ?

Fortement douloureuse l’endométriose n’impacte pas le pronostic vital quoiqu’elle constitue un handicap invisible au quotidien. On parle plutôt de maladie bénigne.

Les facteurs de risque de l’endométriose

Maladie chronique à origine inconnue qui laisse stérile certaines femmes jusqu’à nos jours, l’endométriose à des facteurs de risque. Les femmes et jeunes filles ayant notamment subi une épisiotomie (L’épisiotomie est une incision –coupure- d’environ 2,5 cm à 5 cm de long que l’on pratique dans le bas du vagin pour en augmenter l’ouverture), une hystérectomie (l’hystérectomie est un acte chirurgical qui consiste à enlever l’utérus, en entier ou seulement une partie.) et césarienne sont plus ou moins victimes de l’endométriose. Il existe aucune méthode pour éviter et prévenir l’endométriose.

En effet, plusieurs patientes, soit 15 à 30% (selon la Santetropicale.com) ont la maladie mais ne manifeste aucun symptôme parce que la manifestation de la maladie est très longue. Elle peut prendre plus de deux (2) ans. Car il est possible de subir la douleur sans qu’un signe d’endométriose ne paraisse. Alors, l’unique moyen pour se mettre à l’abri est celui de se faire diagnostiqué auprès du personnel de santé habilité. L’échographie, l’hystérosalpingographie (L’hystérosalpingographie est un examen de radiologie qui permet de visualiser l’utérus ainsi que son col et les trompes de Fallope) sont des examens qui permettent de découvrir l’existence ou non du foyer de l’endométriose. Cette maladie n’évolue pas. Elle stagne voire même régresse lorsqu’elle est menacée par la présence des antalgiques. Plus tôt elle est découverte, plus on ralentit son incubation. Aussi, elle se manifeste différemment chez une femme à une autre. Cependant, la bonne nouvelle est que celle-ci disparaît complètement lors de la ménopause.

La sensibilisation et le traitement de l’endométriose en Afrique

En Afrique, la maladie est parfois méconnue de certains personnels soignants à cause du manque de formation, de sensibilisation de pompe. Mais aussi du côté des patientes. Généralement dans les centres de santé intégré situés dans les zones rurales, cette maladie est méprisée et continue à rendre infertile. D’ailleurs, certaines femmes de ces zones ignorent de quoi souffrent-elles. À force de subir des douleurs handicapantes que la médecine ne solutionne pas immédiatement, elles ingurgitent parfois, des tonnes de décoctions d’arbre sans amélioration aucune, abandonnent et laissent l’endométriose gagner l’organisme.  

Malgré la désinformation, la confusion, le tâtonnement au sein des services sanitaires habilités en Afrique, il y a quelques femmes victimes de cette maladie et d’autres warriors (guerrières) qui, pour apporter leur pierre à l’édifice, ont mis sur pied, des plateformes, créé des associations afin de sensibiliser, former tant bien que mal le personnel soignant, les patientes et faire prendre conscience aux femmes et jeunes filles de toutes tendances confondues sur ladite maladie et son évolution. C’est ainsi que l’on trouve « Endo Woman Afrique » en Côte d’Ivoire. Présidée par Olive Adjéyi Gondonou, cette association a fait un plaidoyer le 27 mars dernier en prélude de la journée mondiale de l’endométriose. À côté, au Cameroun, il existe plusieurs plateformes virtuelles parmi lesquelles « Endo warriors Cameroon » qui sensibilise sur ladite maladie par le biais des vidéos sur les réseaux sociaux.

Les différentes formes d’endométriose 

Il existe quatre (4) formes d’endométrioses à savoir : l’endométriose superficielle, l’endométriose ovarienne, profonde infiltrante ou extra- pelvienne.  

1.L’endométriose superficielle est une atteinte du péritoine. Elle représente 70% des endométrioses. Elle touche uniquement le péritoine, la membrane qui recouvre la cavité abdominale soit localement, soit dans tout l’espace de l’abdomen et du bassin.

2.L’endométriose ovarienne encore appelé endométriome se définit par la présence d’un ou de deux kystes dans l’ovaire. Sa taille varie entre quelques millimètres et plusieurs centimètres. Chez 80% de femmes en Afrique et partout dans le monde, ce type d’endométriose va de pair avec l’endométriose profonde.

3.Par ailleurs, l’endométriose profonde envahit le péritoine de plus de 5mm. Ce sont des lésions qui touchent le rectum et le regroupent sous le nom de nodules de la cloison recto-vaginale (NCRV) en raison de leur accolement avec torus utérin et le formix vaginal postérieur.

4.L’endométriose extra-pelvienne par contre se manifeste par des signes cliniques caractérisés par la présence d’un stroma et de glandes endométriales fonctionnelles situées en dehors du pelvis (poumons, plèvre, reins, la vessie).

Comment être fertile avec l’endométriose

Malgré l’évolution de la médecine dans le monde, il est quand même difficile d’espérer de procréer avec l’endométriose. Cependant, il y a des exceptions de règle organique qui paraissent comme des prodiges et/ou miracles pour faire la joie d’une femme en attente de procréation.

Les approches les plus fréquentes de tomber enceinte alors qu’on est atteinte de l’endométriose dépendent d’un type d’endométriose à un autre. Par exemple, la stimulation de l’ovulation ou stimulation ovarienne peut se faire pour des endométrioses minimes et légères. Et l’insémination artificielle, la fécondation In Vitro classique ou avec micro injection de spermatozoïdes directement dans l’ovocyte sont faites pour les endométrioses profondes.

L’hystérectomie résout-elle l’endométriose ?

La plupart du temps le traitement pour lutter contre l’endométriose est hormonal. L’intervention chirurgicale intervient en cas d’endométriose sévère ou si le traitement hormonal à échouer. Dans le cadre pratique, le traitement hormonal consiste à bloquer l’ovulation et supprimer les règles afin de diminuer la croissance de l’endométriose.

En réalité, l’intervention chirurgicale ou hystérectomie est comme une dernière décision applicable que détiennent les patientes quand intervient le désespoir ou encore une décision venant du médecin traitant en cas de force majeure à l’instar de l’histoire de la journaliste sénégalaise Juliette Ba que nous aurons pour vous en interview dans ce magazine dans le prochain numéro, véritable warrior de cette maladie qui de nos jours ne cesse de coacher autrui via les réseaux sociaux sur le bon côté tiré de ses épreuves. 

L’hystérectomie et ses inconvénients

Avant d’envisager l’hystérectomie, il faut comprendre les résultats et alternatives de ce qu’elle procure selon votre condition spécifique. Le seul traitement efficace qui sépare une femme souffrant de l’endométriose des douleurs, c’est l’hystérectomie. L’hystérectomie c’est l’ablation de l’utérus. Or l’ablation de l’utérus seule ne suffit pas pour éradiquer totalement les douleurs. On parle aussi d’ovariectomie (ablation des ovaires) dans certains cas sévères d’endométriose. Car il ressort de certains témoignages des warriors que l’hystérectomie suivie d’une ovariectomie est encore plus efficace qu’une hystérectomie simple. D’après le chercheur Johns-Hopkins de l’Université Médical Center en Amérique, 61% de femmes qui subissent une hystérectomie sans ovariectomie continuent de subir la douleur fracassante de l’endométriose et 31% d’elles subissent une seconde intervention chirurgicale. Ceci dit, l’hystérectomie a des inconvénients. Associée à l’ovariectomie, elles entraînent une stérilité permanente et déclenchent la ménopause.

L’endométriose, peut-on en guérir ?

Non ! On ne guérit pas d’endométriose. L’endométriose est une très longue maladie. Avec elle, on subit de multiples interventions chirurgicales.

Enfin, chères femmes, aussi désespérées que vous pouvez être ne choisissez pas l’hystérectomie et l’ovariectomie comme votre première option. Bien au contraire, optez pour des traitements hormonaux, des procédures chirurgicales invasives, des alternatives non chirurgicales pour traiter la surcroissance des tissus. Mais si l’hystérectomie est votre dernier choix, si elle est une décision médicale, prenez la vie du bon côté. Acceptez votre état et avancez fièrement dans votre vie. Courage mesdames.

Blanche Bafiatissa

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