L’Hygiène menstruelle, ‘’un tabou africain’’

Le 28 Mai de chaque année, depuis 2014, la communauté internationale commémore la Journée Internationale de l’Hygiène menstruelle. Cette année, elle a été commémorée le samedi 28 Mai 2022.

Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) estime qu’en Afrique 66% des filles ne disposent pas d’une bonne information sur la menstruation avant d’être confrontées à leurs premières règles, ce qui rend l’expérience négative, et parfois traumatisante. La même source indique que sur le continent africain, une fille en âge de scolarisation sur dix s’absente régulièrement de l’école pendant ses règles. L’instauration de cette Journée a pour but de rompre le silence et à diffuser l’information pour permettre à la communauté en générale et à la communauté scolaire en particulier de communiquer.

Selon le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population), la précarité menstruelle désigne « les difficultés de nombreuses femmes et filles à se payer des protections hygiéniques à cause de leurs faibles revenus ». Elle comprend aussi le poids financier des antidouleurs, ou encore des sous-vêtements de rechange. Dans le monde, près de 500 millions de femmes n’auraient pas les moyens de se procurer régulièrement des protections hygiéniques. Derrière ce terme se cache une diversité de situations : la précarité menstruelle vient s’ajouter aux difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontées chaque jours les personnes les plus vulnérables. Qu’elles soient en situation de handicap, incarcérées, migrantes, transgenres, travailleuses du sexe, celles-ci rencontrent de multiples obstacles dans la gestion de leur santé et de leur hygiène menstruelle.

En période de règles, les jeunes filles utilisent parfois des méthodes inadaptées et dangereuses pour leur santé (des torchons, des feuilles, du papier journal, des morceaux de matelas ou même de la boue). Le manque d’installations sanitaires appropriées complique également une gestion hygiénique des règles. Les risques d’infections urogénitales (mycoses, vaginoses, infections urinaires, etc.) sont considérables et difficiles à soigner pour les personnes les plus vulnérables, qui ont un faible accès au système de santé. D’autres pathologies peuvent être occultées par le manque de connaissances des soignantes et soignants menant ainsi à des anémies, ou à un non-traitement du choc toxique, de l’endométriose ou de la douleur plus largement.

Le site Médecin du monde révèle qu’en Côte d’Ivoire, en 2019, leurs équipes ont conduit une intervention pilote avec la distribution de 44 coupes menstruelles auprès d’adolescentes et jeunes filles. Cette activité s’est inscrite dans un projet plus large d’amélioration de leurs droits et de leur santé sexuelle et reproductive, et a été associée à des sessions d’échanges autour du cycle menstruel. 70% des utilisatrices se sont déclarées satisfaites : la coupe vient compléter, voire remplacer les morceaux de pagnes qui étaient utilisés par la plupart d’entre elles. Des problématiques liées au nettoyage et à la stérilisation des coupes nécessitent toutefois une étude approfondie.

Chaque jeune fille a besoin d’information pour son hygiène menstruelle, en faire un sujet tabou n’est pas une solution pour l’avancée du continent Africain.

Rachelle SEKONGO

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