THEODOSE FIURELLA, UN TALENT AU-DELA DES FRONTIERES

THEODOSE Fiurella YESSA Anna à l’état civil est d’origine Franco-Gabonaise. Née à Libreville au Gabon, cette célibataire et battante a fait ses  premières classes à Libreville au Gabon en passant par l’école conventionnée d’Akebe, puis le collège à Gros Bouquet 1 et le début du lycée à Bessieux.

Par la suite, elle est allée en France, à Rouen chez sa Grand-mère paternelle, où elle a terminé son  lycée aux Bruyères. À l’obtention de son Bac STT (science technique et tertiaire), elle a souhaité s’orienter vers une spécialisation dans le pétrole, par rapport aux opportunités que cette filière pourrait avoir au Gabon, son pays natal.

Malheureusement, pour des soucis de santé assez graves, elle a dû revoir ses plans.

Finalement, Anna s’est réorientée vers l’événementiel et la communication. De là, elle est partie en France, à Paris ou elle a terminé son cursus scolaire avec un Master 1, en Communication-Marketing relation publique et un Master 2, en Ebusiness.

Après un long chemin parcouru, elle est aujourd’hui à la tête de la communication de Sony Music Côte d’Ivoire. Une structure de production artistique. Elle appartient au grand groupe Sony Music Entertainment qui est un des géants de la production musicale dans le monde.

Comment en est-elle arrivée là? 

Notre interview vous en dira plus.

Bonne lecture

ETINCELANTE : Racontez-nous votre vie d’étudiante en Europe

TFYA : Ma vie d’étudiante en Europe a été pour moi, la meilleure des expériences évolutives pour ma vie de jeune fille et de Femme. Car j’ai énormément appris et j’ai dû me responsabiliser très tôt du fait de vivre avec ma grand-mère paternelle. Vous savez être éduquée par une grand-mère est totalement différent que d’être par des parents. Car vivre avec une encyclopédie vivante, a été une richesse culturelle pour moi. Elle a forgé l’éducation de base de mes parents et a fait de moi, ce que je suis aujourd’hui : une battante !

La vie d’étudiante en Europe loin des parents, hum…beaucoup de bêtises mais beaucoup d’expériences inoubliables. Vivre en Europe m’a permis d’exceller dans le sport, à travers la lutte gréco- romaine, le basket, l’athlétisme et la danse hip-hop ma première passion. La lutte a été le départ de tout, car à l’origine petite, j’étais une habituée des bagarres mais ce sport de combat m’a appris la maîtrise de soi et m’a permis de travailler mes réflexes de défense.

Le basket m’a permis de rencontrer et de côtoyer des grands comme Tony Parker et bien d’autres. Mais il m’a surtout formée au sport d’équipe et au travail d’équipe. L’athlétisme a sculpté mon corps et m’a appris à travailler mon endurance et forcément ma rapidité. Le sport était une drogue, un moyen de combattre la vie, un moyen d’évolution à travers des groupes de personnes exceptionnelles auprès de qui j’ai énormément appris. Clin d’œil à ma compagnie de danse Syndrome HipHop (S2H)

ETINCELANTE : De la passion de chimie pétrolière à l’événementiel, comment s’opère la transition ?

TFYA : Rectification, la chimie pétrolière n’a jamais été une passion. Mais une stratégie pour une formation et emploi futur. Cela n’a pu aboutir de fait de problème de santé. L’arrivée dans l’événementiel a en réalité toujours été présente dans ma vie depuis mon plus jeune âge.

A l’époque je m’attelais à la tâche avec mes cousins et cousines pour organiser des évents en mode ‘’BBQ’’ dans l’optique de réunir nos amis afin de ‘’chiller ‘’ensemble. Par la suite cela a commencé à prendre une place dans ma vie, car un autre moyen stratégique de se faire de l’argent en peu de temps et efficacement. Clin d’œil à Patrice Berre de Beteway Entertaienement et le célèbre Theo Paris, qui m’ont fait confiance et m’ont donnée ma chance.

ETINCELANTE : Parlez-nous de votre première entreprise « Murime & Co »

TFYA :  Murime & Co, aaaahhh l’époque… Une très belle expérience professionnelle et une aventure unique. « Murime » qui veut dire « amour » ou « cœur », dans deux dialectes gabonais, est la mise en forme de deux jeunes filles battantes et acharnées par la volonté de réussir et de s’imposer dans le Game.

Murime & Co était une entreprise d’évent et de Consulting avec une branche principale qui était le streetware. A travers le stretware et plus précisément le support « t-shirt », nous avons développé la marque « Murime » en ayant notre premier gros marché via la Can 2012 au Gabon.

Aujourd’hui, cette structure est fermée et les deux personnes à sa tête ont refait leur chemin d’entrepreneur.

ETINCELANTE : Revenons sur l’épisode « Boomerang Africa Consulting »

TFYA : Boomerang AFRICA Consulting est la suite de Murime & Co.

C’est l’après si vous voulez parce que c’est une revanche sur moi-même professionnellement parlant.

Le nom de ce projet est réfléchi et m’a donné la gnaque d’y arriver.

B.A.C est une structure de management et consulting. Elle regroupe un management varié dans le monde de la culture. Entre danseurs, chanteurs ou mannequins. Tous originaires du Gabon :

  • Unknwon Dimension (Groupe HipHop)
    • Yents aka Sir Vibe (Chanteur)
    • Jean’s B (Mannequin)
    • BooDee (Chanteuse)
    • Naf la crème (manequin)
    • Linous (Manequin)
    • Beboy Sexe (Danseur HipHop)

ETINCELANTE : Au Gabon, vous êtes recrutée dans une agence événementielle, seule femme de l’entreprise, comment était le travail ?

TFYA : Oui, au Gabon je suis recrutée dans une entreprise d’évent et mon rôle (mon poste) était un poste majoritairement masculin. Les  seules femmes dans l’entreprise étaient les secrétaires ou assistantes du DG.

Moi, j’étais responsable du parc technique de cette structure. A l’époque, l’un des plus importants et complet du Gabon.

Quand je suis arrivée dans cette société, j’étais extrêmement fière de moi, car encore une fois de plus j’y arrivais par mon talent et ma détermination. J’avais été remarquée par les dirigeants de cette structure lors de mon passage professionnel à la Can 2012.

J’étais la seule femme dans ma zone de travail et j’ai dû me faire respecter pour me faire accepter à ma hauteur. J’ai pris mon travail très au sérieux et les responsabilités qui m’avaient été données également.

J’ai compris que le respect dans ce monde se mérite et que la maîtrise de son travail, la polyvalence sont des atouts et des marques de considération et de respect dans un milieu essentiellement masculin.

ETINCELANTE : Racontez-nous votre bref passage à la Présidence gabonaise

TFYA : J’ai été remarquée et recrutée par le directeur event du Palais Presidentiel (Mr Eric). Entre la Can 2012 et mon passage dans cette structure d’évent de la place, j’ai eu le temps de faire mes preuves et donc de me faire remarquer. J’ai eu l’honneur de travailler avec un monsieur, extraordinaire, bourré d’un talent et d’une vision dans l’évent unique en son genre.

Se lever chaque matin et se dire travailler dans un lieu si prestigieux et unique, m’a apporté une certaine confiance en moi, une assurance mais surtout un certain professionnalisme et une crédibilité digne de ce nom.

Malheureusement, cela n’aura pas duré pour des soucis de sécurité.

Mais j’en garde un excellent souvenir.

ETINCELANTE : Comment avez-vous intégré Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire ?

TFYA : Un matin, je me suis levée en me posant énormément de questions. Face à une crise économique dans mon pays, je cherchais à joindre les deux bouts afin d’aller de l’avant. Avec le dernier billet que j’avais en poche, je suis allée chez le boutiquier du coin et je lui ai demandé de recharger ma box internet. Rentrée chez moi, je me suis installée à la table à manger de ma mère, que j’avais déjà transformée en bureau et là, j’ai mis à jour mon CV en anglais et en français et je l’ai envoyé à mon carnet d’adresse.

Quelques jours sont passés et là, un après-midi, surprise, je reçois l’appel d’une dame, que je considère aujourd’hui comme ma mère de Côte d’Ivoire (clin d’œil à Maman Nadège). Elle me confirmait avoir reçu mon mail, s’excusant de ne pas pouvoir m’aider, car à cette même période une crise économique balayait l’Afrique francophone. Mais en me rassurant qu’elle garderait mon dossier au chaud.

Des semaines plus tard, Elle me recontacte de nouveau en m’informant avoir remis mon dossier à un monsieur cherchant une personne ayant mon profil. Je la remercie, puis j’ai attendu ce fameux coup de fil. Dans la même journée, je reçois le coup de fil qui changea le cours de ma vie. Le Boss de Sony Music Côte d’Ivoire (Mr José Da Silva), venait de me parler en mettant des paillettes dans ma vie. De là, les choses se sont accélérées et je débarque sur Abidjan un mois plus tard.

ETINCELANTE : En quoi consiste votre rôle au sein de la structure ?

TFYA : Je suis la Directrice Communication du Label SONY Music Côte d’Ivoire et je suis en charge de la promotion, de l’image médiatique de tous les artistes du label.

ETINCELANTE : Parlez-nous de vos coups de cœur ?

TFYA : Mes coups de cœur au sein de ce label depuis mon arrivée est ma première tournée promotionnelle avec Youssou Ndour, ma rencontre avec le président et DG de la radio française urbaine Skyrock, puis être formée chaque jour, par le meilleur de la musique africaine.

ETINCELANTE : Quelles ont été les périodes moins reluisantes dans cette aventure à Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire ?

TFYA : Les séparations d’artistes avec le label, suite à des fins de contrat.

Ce sont des périodes assez difficiles car nous sommes une famille.

ETINCELANTE : En quoi croyez-vous le plus ?

TFYA : Ma persévérance face à la vie et ma volonté de réussir chaque challenge.

ETINCELANTE : Dans 10 ans Théodose se projette où ?

TFYA : En Afrique, inchalla toujours à SONY avec une magnifique famille à mes côtés et de nombreux artistes à qui je dévouerai ma passion du travail dans le monde musical et culturel.

ETINCELANTE : Quel est votre avis sur l’industrie musicale en Côte d’Ivoire ?

TFYA : Une grosse machine qui se fortifie et s’auto-forme face à l’arrivée de grosses maisons musicales, tels les labels, les plateformes internationales et la concurrence musicale africaine.

Néanmoins, la formation, l’assiduité, la constance, l’écoute, sont encore des faiblesses chez l’artiste ivoirien et africain généralement.

ETINCELANTE : Êtes-vous toujours dans l’entreprenariat ?

TFYA : Oui, je le suis toujours, car je ne peux abandonner mes artistes avec qui j’ai connu la galère du début, mais surtout avec qui j’ai développé ma passion pour ce travail dans le monde musical et culturel.

ETINCELANTE : Quelle citation vous définit le mieux ?

TFYA : « Mes blessures sont les marques de mon passé, mes erreurs façonnent mes réussites futures, mes regrets m’aident à faire les bons choix, mes pleurs me permettent de savourer mes joies. »

ETINCELANTE :  Quel est votre message à l’endroit de la femme africaine ?

TFYA : La femme africaine est représentée par nos mères, nos grands-mères et nos ancêtres. Ces femmes nous ont élevé (e) (s) et ont fait ce que nous sommes. Nous ne devons en rien relâcher face à la vie. La femme africaine est une armure. Nous sommes des battantes et nous ne devons jamais abandonner.

ETINCELANTE : Un mot pour ETINCELANTE ?

TFYA : Merci à ETINCELANTE pour l’honneur et l’intérêt. Que les lectrices de ETINCELANTE, restent des femmes battantes face à la vie afin que le respect de notre place dans la société soit toujours pris en compte.

propos receuillis par PINTO YAO

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